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Extrait LIESI no 178
C’est le résumé qui peut être fait en écoutant l’ancien secrétaire allemand aux Finances, Thomas Mirow, à la tête de la BERD [Banque européenne de reconstruction et de développement]. Il est chargé de piloter un plan de soutien aux banques d’Europe centrale. Selon lui, il faut agir en quelques semaines sur le dossier de l’Europe de l’Est. « Sinon nous courrons un sérieux risque de credit crunch en Europe de l'Est, c'est-à-dire un financement très insuffisant des entreprises, des ménages et du commerce extérieur ». « Dans la crise actuelle de nombreuses banques ont besoin de l'appui de leurs Etats via des plans de soutien nationaux, mais aussi de notre aide ». « Les coûts du crédit ont augmenté. Et les pressions sur les monnaies locales constituent un facteur de risque supplémentaire ».
La fin du mois de mars pourrait s’avérer cruciale pour l’euro. « Aujourd’hui, dix ou douze banques d'Europe occidentale sont très fortement engagées en Europe centrale et orientale, notamment des institutions autrichiennes, suédoises, françaises, grecques, italiennes, et allemandes. Des faillites de filiales ou de banques à l'Est auraient sans doute un impact en zone euro ». Et l’expérience Lehman a montré que la faillite d'une grande banque, d'importance systémique, a un impact sur tout le secteur financier et sur l'économie réelle intolérable. Il faut tout faire pour éviter une faillite bancaire en Europe centrale ou orientale ».
Piloté depuis Londres par la Berd, le projet international consistant à éviter une catastrophe bancaire dans les pays de l’Est est soutenu par la Banque mondiale et la Banque européenne d'investissement (BEI). La Commission européenne y est également associée. L'initiative vise à débloquer très rapidement des fonds publics, mais aussi privés, afin de renflouer le capital des banques des pays de l'Est, et de faciliter leur refinancement. D'après les estimations des économistes de la Berd, les besoins en capitaux propres des institutions de l'Est s'élèveraient entre 100 milliards et 150 milliards de dollars, auxquels il faut ajouter 200 milliards de refinancement, soit un total de 350 milliards de dollars . Si elles veulent sauver leurs filiales de l'Est, les banques occidentales devront mettre la main à la poche. Elles le font déjà, mais elles ne peuvent guère aller plus loin sans l'appui des gouvernements ou des organisations internationales. Selon des chiffres que l’on juge sérieux, l’engagement des banques d’Europe de l’Ouest en Europe centrale et orientale est estimé à 1 600 milliards d’euros.
Par une ironie du sort, alors que cette année marque le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin (octobre 1989), ce mur épouse, semble-t-il, des contours nouveaux, économiques. Il s'est simplement déplacé un peu plus vers l'Est, ses frontières allant de la Baltique à l'Adriatique, en épousant approximativement la ligne suivante : Pologne - République tchèque - Hongrie - Slovénie - Bulgarie. La situation économique des membres de l'UE appartenant à l'Europe centrale et orientale est actuellement si catastrophique que les capitales du "G4" – Paris, Berlin, Londres et Rome – commencent déjà à craindre que l'Est n'entraîne l'ensemble de l'Ouest dans l'abîme de la faillite bancaire et de la récession économique. En observant aujourd'hui la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovénie, la République tchèque et la Slovaquie, l'UE commence déjà à les comparer à l'Argentine, en référence à l'effondrement de la monnaie nationale et à la faillite économique de ce pays en 2001.
Cette disparité économique menace de se propager au plan de la politique étrangère. La Grande Europe est certainement liée par le Traité de Maastricht, la zone euro, de nombreux autres accords et un esprit européen commun. Mais lorsque certains ont dans leur poche des livres ou des euros et d'autres n'ont que des dettes, de quelle politique étrangère commune peut-on parler ?
« Une nouvelle division du continent serait une tragédie », estime Robert Zoellick, le patron de la Banque mondiale, très impliqué dans ce dossier. Les crédits débloqués seront orientés en priorité aux PME, qui risquent la faillite, faute de liquidités. Faute de croissance en zone euro, faute de crédit, le PIB des pays de l'Est se contracte plus fortement qu'à l'Ouest.
Alors ques tous les pays de l’Europe de l’Ouest sont confrontés à des indices de chômage qui grimpent en flèche, dans les cercles très fermés des « décideurs », on sent une certaine panique : comment éviter un effet de dominos bancaires à l’échelle de l’Union européenne ? Le problème est polonais, hongrois, roumain ou balte. Après avoir embrassé le capitalisme et l'Europe dans l'enthousiasme, les petits « dragons » de l'Est déchantent depuis l'automne. Les recettes des pays de l’Est fondent très vite, les monnaies dégringolent, le spectre du défaut de paiement des pays de l’Est qui ne sont pas encore arrimés à l’euro menace. Les Américains rappellent aux Européens la nécessité de maintenir l’Union et d’éviter une scission en Europe. Selon les projections des « penseurs » de Washington, la Banque Mondiale a confié aux Européens que s’ils veulent éviter une tragédie, 120 milliards d’euros doivent être apportés. Et qui va payer ? Les marxistes ou commissaires de la Maison commune gorbatchévienne de la Commission européenne travaillent sur « plusieurs scénarios » ! Pour José Manuel Barroso, le caniche de Wall Street, la stabilité financière, en Europe ou ailleurs, « est la responsabilité première des institutions internationales »… ce qui nous conduit encore et toujours au NOUVEL ORDRE MONDIAL et à la dictature des familles privées, lesquelles attendent la ruine des nations pour les acheter. Elles ont créé cette crise pour cette seule fin. D’ici les deux prochaines années, elles vont tout mettre par terre, ruiner les entreprises, les Etats, les institutions bancaires, etc., et tout acheter pour une bouchée de pain grâce au… Novus Ordo Seclorum. Depuis 1935, ils l’ont écrit sur le billet de 1 dollar US. Heureusement pour eux et malheureusement pour le bien commun, dans leur immense majorité, les gens ne savent pas lire ni comprendre ce qu’ils lisent.
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