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Extrait LIESI 182
Extrait LIESI 182
Plusieurs analystes russes estiment que nous approchons d’une période où un changement brutal va se manifester sur le front financier et économique. Vlad Grinkiévitch résume parfaitement la certitude de ce groupe d’experts : « La Russie doit s’attendre à affronter la deuxième vague de la crise ». En lisant la presse russe, LIESI a relevé cette confidence faite par Alexéï Koudrine, le ministre russe des Finances : « La récession de l’économie américaine durera encore seize à dix-huit mois, et son rétablissement prendra plusieurs années ». Un avis semblable a été émis par les experts du Fonds monétaire international (FMI), pour lesquels la récession actuelle, « atypique », se prolongera encore pendant au moins un an et demi. Cela nous amène approximativement à la date de 2011, que nous avions annoncée depuis longtemps.
S’il en est ainsi, cela signifie que, dans un avenir proche, l’économie russe ne pourra pas bénéficier de conditions extérieures favorables à son essor. Cela veut encore dire que, dans la perspective d’une SECONDE VAGUE de crise, dévastatrice pour l’économie mondiale, les autorités russes doivent nécessairement s’attendre à une chute importante des cours du pétrole, dont l’évolution est pourtant essentielle pour l’essor économique du pays.
Un analyste russe qui a un drôle de flair !
Au début de l’été 2008, quelques semaines avant que les cours du pétrole ne touchent leur sommet, Boris Kagarlitski, directeur de l’Institut de la mondialisation et des mouvements sociaux, explique : cette hausse est un boom spéculatif qui a transformé les contrats à terme sur le pétrole en une sorte de devise alternative, et un recul est imminent. Avec d’autres experts russes, Boris Kagarlitski fait valoir que la flambée spéculative s’est faite sans aucun respect de l’offre et de la demande.
En janvier 2009, ce groupe de prévisionnistes russes a alors expliqué que la hausse des cours du pétrole était la conséquence de manipulations politiques d’acteurs intéressés, tant à l’Ouest qu’à l’Est, et prédit qu’elle s’arrêterait au niveau de 55 dollars le baril. Aujourd’hui, tout le monde a pu vérifier l’exactitude de telles « prédictions ».
Et pour demain, dans un contexte où des facteurs économiques objectifs vont prévaloir, comme la demande réelle de l’industrie, que prévoient ces gourous « exceptionnels » du marché pétrolier ? Boris Kagarlitski, encore lui, a confié son point de vue : « La reprise de l’industrie mondiale ne pourra intervenir que lorsque le prix de l’or noir sera retombé au niveau de son prix de revient. Par conséquent, le prix du baril pourrait parfaitement chuter, en 2010, à 12-15 dollars le baril ».
Il faudrait donc s’attendre à voir les cours du baril plonger encore avant de remonter très fortement, après 2010. La chute des cours du pétrole interviendrait avec celle des bourses mondiales, après l’euphorie actuelle annoncée par LIESI comme « reprise printanière » et pouvant cependant durer jusqu’à la fin de l’été.
En effet, il ne faut se leurrer sur les propos rapportés par les moulins à propagande de la presse mensongère concernant « un début de reprise ». A ce titre, M. Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, actuellement chargé par les Nations unies de piloter une commission indépendante d’experts sur la crise financière, a dit le 7 mai 2009 : « On entend beaucoup parler de pousses printanières, suggérant que la reprise arrive […], mais ce sera une crise prolongée. Je comprends que les hommes politiques veuillent transmettre un sentiment de confiance, mais la confiance doit se baser sur un certain degré de réalité et la réalité n’est pas favorable ». L’économiste a conclu sa conférence en rappelant que le modèle d’une économie mondiale tirée par le consommateur américain était REVOLU !
Pour revenir à la question pétrolière et à la « reprise printanière » des cours du brut, il faut savoir que, selon le Telegraph de Londres, le port de Rotterdam n’a plus de place pour stocker les barils de pétrole. Les stocks de pétrole invendus sont si importants qu’on loue les cuves des super pétroliers pour les stocker ! Cela confirme donc bien le leurre de l’actuelle « reprise ». Une autre réalité s’imposera après l’été 2009.
D’où ces confidences intéressantes de T. Meyssan, lequel s’est rapproché du Kremlin :
« Medvedev et Poutine ont évalué cette situation de faiblesse avec beaucoup de sang-froid. Ils connaissent les atouts dont ils disposent, notamment la supériorité technologique de leur industrie d’armement sur celle des Etats-Unis. Ils sont convaincus que les Etats-Unis ne se relèveront pas de la crise, mais se disloqueront à moyen terme comme le Pacte de Varsovie et l’URSS dans les années 89-91. Ils espèrent donc inverser les rôles. Malgré la période de vaches maigres, ils équipent leurs armées avec les nouveaux matériels, et ils attendent sans broncher l’effondrement de l’Ouest.
Publiquement ou en sous-main selon les cas, ils équipent tous les adversaires des Etats-Unis des dernières armes disponibles, du Proche-Orient que j’ai évoqué tout à l’heure, au Venezuela. Economiquement, ils ont fait le choix de construire des voies commerciales vers la Chine, tout autant que vers l’Europe occidentale, dont ils observent avec regret l’asservissement obstiné aux Anglo-Saxons. […] Poutine et Medvedev… rêvent la Russie en protecteur de l’Islam et l’ont fait entrer, comme observatrice, à l’Organisation de la conférence islamique. Tout en valorisant le Patriarcat orthodoxe, ils ont placé des musulmans à de nombreux postes à haute responsabilité… »
« Après l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, j’ai été directement menacé par de hauts fonctionnaires français. Des amis au ministère de la Défense m’ont informé que les Etats-Unis me considèrent comme un danger pour leur sécurité nationale. Dans le cadre de l’OTAN, ils ont demandé aux services alliés de me neutraliser et certains Français semblaient vouloir faire du zèle. J’ai donc pris la décision, non seulement de quitter la France, mais la zone OTAN. Après avoir erré de Caracas à Damas en passant par Moscou, je me suis fixé à Beyrouth où je me suis placé au service de la Résistance ». Ce commentaire de T. Meyssan donne d’autant plus de consistance aux propos qu’il exprime par la suite.
2 « Extrait d’un entretien accordé par T. Meyssan à l’association Egalité et Réconciliation, dont quelques extraits seront donnés dans les BREVES DE LIESI de mai/juin 2009.
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